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Distraire son enfant lors d’un soin : comment faire ?

Très souvent en présence des professionnels de santé, les parents perdent un peu leurs moyens, ils ne savent plus très bien ce qu’ils peuvent faire ou ne doivent pas faire…

Bien informer votre enfant sur le soin ou l'examen

Tout d’abord, vous pouvez vous assurer que votre enfant a compris ce que l’on va lui faire, pourquoi c’est nécessaire et comment le

geste sera réalisé : les étapes, le matériel utilisé, les personnes présentes, la durée, les suites… Il peut entendre que ce sera difficile, si en parallèle les soignants et vous-même lui expliquez les bénéfices attendus et tous les moyens qui seront mis en œuvre pour limiter la douleur, l’inconfort, ou l’inquiétude.

Cette information est importante, car si elle est erronée ou incomplète, votre enfant pourrait perdre confiance.Etre bien informé vous-même est aussi essentiel, vous serez ainsi plus à même de rassurer votre enfant, de le guider. Enfin, bien connaitre le déroulement du soin, vous permettra de repérer les éventuelles contraintes pour le distraire de façon adaptée.

Pour quels types de soins, examens ?

La distraction peut se faire pour tout type de soin, qu’il soit court ou long, réalisé en situation d’urgence ou de façon programmée, exceptionnel ou répétitif…

Impossible d’être exhaustif, mais voici des exemples : test de dépistage à la maternité, examen médical, vaccin, prise de sang, ponction lombaire, myélogramme, pose ou changement de pansement, lavement de cathéter central, points de suture, pose ou retrait d’un plâtre, tests cutanés, aérosol, injection intra musculaire, injection de toxine botulique, endormissement ou réveil au bloc opératoire, radiographie, échographie, IRM, scanner, scintigraphie…

Anticiper, penser à apporter des jeux

Les lieux de soins qui accueillent des enfants sont plus ou moins équipés de jeux, jouets, livres. Ils sont souvent à disposition dans les salles d’attente, mais pas toujours dans les lieux où sont réalisés les soins (salle de consultation, chambre, salle de pré anesthésie ou de réveil, salle de radiologie...).

Lorsque le soin est programmé et sans oublier son doudou s’il en a un, vous pouvez prévoir d’apporter des objets ou jouets qu’il apprécie : livre, revue, petits jeux attractifs, marionnettes, hochets, personnages, boite à musique, MP3, console de jeux, ordinateur, grille de sudoku ou mots fléchés…

Pour les jeunes enfants et dans la mesure où ils se lassent très vite d’un jouet, et il est donc nécessaire d’en prévoir plusieurs. C’est une façon de faire le lien entre l’univers familier de votre enfant et celui du lieu de soin ou de l’hôpital qu’il découvre ou redoute. Pensez à bien nettoyer ses jouets et son doudou surtout si votre enfant souhaite les garder avec lui au bloc opératoire

Informez les professionnels de santé des centres d'intérêts de votre enfant

Vous connaissez votre enfant mieux que quiconque et votre aide est précieuse pour aider les professionnels à entrer en relation, à « apprivoiser » votre enfant le plus vite possible :

  • tout d’abord les prévenir d’éventuels antécédents difficiles. Votre enfant aura d’autant plus besoin d’être rassuré qu’il garde un mauvais souvenir d’un soin précédent. Vous pouvez alerter les soignants sur ce qui était difficile, ce qui risque de le gêner pour envisager des solutions ensemble.
  • leur indiquer ce qui rassure votre enfant : son doudou, la tétine, le bercement, les caresses, lui tenir la main, le garder sur vos genoux ou dans vos bras…
  • préciser ce qu’il aime : chanson, histoire, animal, activités de loisirs, sports, film, émission télévisé, souvenirs de vacances, blagues…
  • alerter également sur ce qui peut l’inquiéter, le dérouter, le paniquer surtout s’il a des difficultés de communication ou qu’il est porteur d’un handicap.

Cette transmission d’information est importante, surtout lorsque vous savez que vous ne pourrez pas être présents lors de certains soins ou que vous serez momentanément séparé de votre enfant, par exemple s’il doit être opéré. C’est assez rare, mais vous pouvez éventuellement rester avec lui jusqu'à ce qu’il soit endormi, ou plus souvent être présent au moment de son réveil. Les séparations sont aussi courantes dans les services de soins intensifs ou de réanimation.

Certains services s’organisent pour recueillir ces informations. Cela peut être fait : oralement juste avant le soin, à l’arrivée dans le service d’hospitalisation et noté dans le dossier de l’enfant ou via un questionnaire à compléter qui vous est remis à l’avance. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez le faire de votre propre initiative.

Soigner, distraire : se partager les rôles

Plusieurs éventualités sont possibles :

  • Soit la distraction est une pratique courante dans le service hospitalier ou le lieu de soins : dans ce cas les professionnels vous proposeront soit de distraire vous-même votre enfant, soit de le faire eux-mêmes. Très souvent dans cette éventualité, le soignant qui distrait n’est pas celui qui fait le soin et il commence à distraire votre enfant avant le début du geste.

C’est évidemment variable selon les situations, mais il est préférable qu’une seule personne soit responsable de la distraction de votre enfant. Bien sûr, elle pourra faire participer les autres personnes présentes, par exemple chanter, répondre à des questions, dessiner, attraper des bulles, commenter un livre…

Mais définir un référent pour la distraction permet aussi d’éviter qu’une multitude de stimulations soit suggérées à votre enfant s’il n’accroche pas tout de suite à celle qui lui est proposée ou si elle ne parait pas efficace assez rapidement aux autres personnes présentes. Car il faudra parfois un peu de temps à votre enfant pour choisir la proposition qui lui plait.

Dans la réalité, le partage des rôles se fait assez spontanément entre soignants et parents quand le professionnel de santé est attentif ou l’équipe formée à cette approche.

  • Soit le service ou le professionnel de santé n’est pas particulièrement investi dans cette démarche de distraction, alors c’est à vous d’être force de proposition.

Dans tous les cas, l’impératif est de ne pas gêner la réalisation du geste technique par le ou les soignants et pour cela, un minimum de coordination est nécessaire. Par exemple, ne pas proposer un jeu ou une activité qui risque d’encourager l’enfant à bouger alors qu’il doit rester immobile…

Si c’est la première fois que le geste est réalisé, vous aurez besoin de savoir :

  • où vous pouvez vous installer dans la pièce (éventuellement derrière la vitre protectrice en radiologie)
  • à quel endroit à côté de votre enfant (au niveau de sa tête, de ses pieds…)
  • quelle est la position de votre enfant : par exemple lors d’une ponction lombaire l’enfant peut difficilement regarder un écran de télévision au mur
  • les moments durant le soin où votre enfant peut bouger, parler
  • les effets de certains moyens antalgiques : l’inhalation de MEOPA peut transformer les sensations de l’enfant, par contre il peut toujours parler, chanter, regarder un livre même avec le masque sur le visage…

Si malgré les moyens antalgiques et la distraction proposée votre enfant manifeste toujours beaucoup d’anxiété, s’agite, pleure, évitez de participer à le maintenir (ou de façon très modérée), de le gronder ou de le plaindre, cela ne ferait qu’accentuer sa détresse.

Les professionnels décideront peut-être de suspendre ou de reporter le soin mais s’il doit impérativement être fait vous pourrez une fois le soin terminé, réconforter votre enfant, lui expliquer pourquoi c’était nécessaire de le faire, le féliciter d’avoir fait son maximum pour coopérer. Enfin, l’expression d’une émotion forte ou d’un désaccord n’est pas obligatoirement le signe que votre enfant vivra mal les soins futurs.

Distraire les plus petits comme les plus grands

On pourrait être tenté de penser qu’il est surtout nécessaire de distraire les bébés ou les jeunes enfants. C’est assez logique car ces derniers sont en effet très sensibles à l’ambiance, plus facilement inquiets par la découverte de nouveaux lieux ou de nouvelles personnes et ils comprennent moins bien la raison du geste désagréable ou douloureux.

Mais les grands enfants ou les adolescents apprécieront également d’être distrait pendant un soin. L’éventail des moyens de distraction est plus limité mais on peut citer : les bandes dessinées, des livres qui demandent une certaine concentration tel que « Ou est Charlie?», un Mp3 pour écouter de la musique, une console de jeu, un ordinateur pour regarder des vidéos ou se connecter à internet…