- Parents >
- Conseils sur la santé de mon enfant >
- Les droits de mon enfant >
- Refus d’un enfant d’informer ses parents sur un soin ou un traitement
Refus d’un enfant d’informer ses parents sur un soin ou un traitement
Par dérogation à l'article 371-2 du code civil, le médecin peut se dispenser d'obtenir le consentement du ou des titulaires de l'autorité parentale sur les décisions médicales à prendre lorsque le traitement ou l'intervention s'impose pour sauvegarder la santé d'une personne mineure, dans le cas où cette dernière s'oppose expressément à la consultation du ou des titulaires de l'autorité parentale afin de garder le secret sur son état de santé.
Toutefois, le médecin doit dans un premier temps s'efforcer d'obtenir le consentement du mineur à cette consultation. Dans le cas où le mineur maintient son opposition, le médecin peut mettre en œuvre le traitement ou l'intervention. Dans ce cas, le mineur se fait accompagner d'une personne majeure de son choix.
Lorsqu'une personne mineure, dont les liens de famille sont rompus, bénéficie à titre personnel du remboursement des prestations en nature de l'assurance maladie et maternité et de la couverture complémentaire mise en place par la loi n° 99-641 du 27 juillet 1999 portant création d'une couverture maladie universelle, son seul consentement est requis. Cela concerne, par exemple, les mineurs émancipés.
Concrètement, les nouvelles dispositions (de l’article L1111-5) du code de la santé publique, issues de la loi du 4 mars 2002 sur les droits des malades, permettent à un mineur de bénéficier de soins sans obtenir le consentement des titulaires de l’autorité parentale, si les conditions suivantes sont toutes réunies :
- des soins s’imposent pour sauvegarder la santé du mineur,
- le refus du mineur d’informer ses parents reste constant, après que le médecin ait tenté de le convaincre d’informer ses parents des soins dont il souhaite bénéficier,
- le mineur est accompagné d’une personne majeure de son choix.
Dans cette situation, la famille n’a aucune place dans la prise en charge du patient : elle n’a ni le droit de consentir aux soins, ni même le droit d’être informée sur l’état de santé. L’accès au dossier médical de leur enfant doit donc leur être refusé. Cela entraîne parfois des incompréhensions de la part des familles et pose certaines questions, par exemple quelle attitude adopter par les soignants en cas de complications liées aux soins ou au traitement.
En pratique :
Il n’y a aucune limite d’âge ni de critère lié au type de soins en cause (sauf la notion de sauvegarde de la santé du mineur). Le mineur peut utiliser son droit aussi bien d’emblée (ex : il vient consulter pour la première fois seul) qu’à tout moment lors de sa prise en charge.
L’objectif de ce droit “d’opposition” de l’enfant est avant tout de permettre qu’un médecin puisse, dans certains cas, être dispensé de recueillir le consentement des parents afin d’agir pour la sauvegarde de la santé du mineur et qu’un mineur n’hésite pas à consulter en raison de la crainte de voir ses parents mis au courant de son état de santé.
Ce nouveau droit découle de situations liées à l’adolescence (contraception, avortement, toxicomanie…) mais également, à tous âges, de situations où des soins sont requis suite à de mauvais traitements au sens large.








