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Si mon enfant a mal
Face à l'enfant qui a mal, nous sommes souvent désemparés. Nous désirons l'aider, mais ne savons pas toujours comment faire. Il ne s'agit ni de refuser notre aide à l'enfant quand il a mal, ni de répondre systématiquement à toute plainte par un médicament, mais de connaître les meilleures solutions pour éviter et soulager la douleur quand cela est nécessaire.
Sommaire
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Comment traiter la douleur
> Les moyens non médicamenteux
> Les médicaments
> Le mode d'administration
> Suivre la prescription
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Pour vous aider
> Des documents SPARADRAP
> Des sites Internet
> Une sélection d'ouvrages pour la jeunesse
La douleur qu’est-ce que c’est ?
La douleur n'est pas facile à définir. Selon l'Association Internationale d'Étude de la Douleur (IASP), la douleur est "une expérience désagréable, émotionnelle et sensorielle, liée ou non à un dommage tissulaire ou décrite par le patient en de tels termes".
- C’est à la fois une émotion et une sensation.
- La douleur peut exister même sans cause apparente (blessure, organe abîmé…).
- Il faut pouvoir décrire sa douleur, en parler, or cela est difficile voire impossible pour certaines personnes : les bébés, les jeunes enfants, les personnes handicapés mentaux ou polyhandicapés ou intubés (introduction d’un tube dans la trachée qui empêche de parler), les personnes ne maîtrisant pas la langue.
Des douleurs d’origines très diverses
Les "bobos" de la vie quotidienne
Les enfants jouent et explorent, et cela ne va pas sans quelques rencontres douloureuses. Ils apprennent leurs propres limites et les dangers du monde extérieur. Ils apprennent à connaître les sentiments qui accompagnent souvent la douleur : tristesse, culpabilité, solitude, colère... L'enfant qui est tombé pleure parce qu'il s'est fait mal, mais aussi parce qu'il est déçu et vexé d'avoir échoué dans son élan. Enfin, la douleur peut être l'occasion d'expérimenter le courage, la maîtrise et la joie du réconfort.
Les douleurs liées à la maladie
Certaines maladies de l'enfance provoquent des douleurs qui attirent l'attention et peuvent aider le médecin dans son diagnostic. Mais une fois le message "douleur" reçu, il ne sert à rien de le faire durer. Douleur n'est pas toujours synonyme de gravité : il y a de fortes douleurs dont les causes sont simples (migraine de l’enfant, otite…) et par contre, certaines maladies sérieuses qui ne font pas mal.
Les douleurs provoquées par les soins
Il y a des situations où les médecins et les infirmières savent que l'enfant va avoir mal ou qu'ils seront obligés de lui faire mal (par exemple : les points de suture, les piqûres, les opérations, certains examens...). Ces douleurs sont explicables, elles ne sont pas pour autant "normales". Lorsqu'elles sont prévisibles, il est très souvent possible de donner un traitement pour les éviter ou les soulager (même si le soin ou l’examen est réalisé en urgences).
Quand faut-il traiter la douleur ?
Chaque fois qu'une douleur est assez intense ou prolongée pour empêcher les activités habituelles de l'enfant, il faut la traiter. Pour cela, il faut d'abord la mettre en évidence, la localiser, l'évaluer.
Les enfants on parfois des difficultés à dire où, comment et "combien" ils ont mal. Parfois, ils croient qu'ils n'ont pas besoin de le dire parce que, pour eux, leur corps est "transparent" et les adultes peuvent "voir" ce qu'ils éprouvent.
Devant la douleur, chacun est différent, certains enfants se plaignent, d'autres moins et il faut arriver à accepter, sans juger, ces différences de réaction. Ce n'est pas un signe de faiblesse de dire que l'on a mal, cela ne signifie pas que l'enfant est "douillet", et rares sont les enfants qui font semblant. Certains enfants expriment plus facilement leur douleur en présence de leurs parents que lorsqu’ils sont avec des inconnus.
Parfois, un enfant peut avoir tellement mal qu'il devient incapable de réagir. On risque alors de se tromper et de croire qu'il est simplement triste, calme ou même sage ! (les soignants parlent alors d'atonie psychomotrice). Pourtant, si on lui donne des médicaments contre la douleur, il recommencera à parler, à bouger, à jouer, à s'intéresser aux autres.
Les nouveau-nés et les bébés ressentent aussi la douleur et ils s'en défendent moins bien que les adultes. La mémoire de la douleur existe, même chez les tout-petits : après des soins qui se sont mal passés le jeune enfant peut craindre pour longtemps "les blouses blanches".
(
Voir le guide parents "Soins et examens douloureux : comment aider votre bébé ?")
Que pouvez-vous faire ?
Si votre enfant doit faire face à une maladie ou à des soins douloureux, vous avez un rôle important à jouer. Vous êtes les mieux placés pour aider votre enfant à transmettre ce qu'il ressent, l'accompagner et lui expliquer la situation. On supporte mieux les douleurs dont on connaît le sens c'est pourquoi vous devez vous informer sur la prise en charge de la douleur, les moyens disponibles, leurs bénéfices et leurs éventuels inconvénients. Il existe aujourd'hui toute une gamme de traitements adaptés à de nombreuses situations, des plus bénignes aux plus sévères et on peut toujours faire quelque chose en combinant plusieurs moyens.
Pour parler de la douleur avec votre enfant, vous pouvez vous procurer
des supports adaptés auprès de SPARADRAP : ils seront très utiles pour vous aider à expliquer ce qui va se passer avec des mots simples et des illustrations.
(Vous pouvez par exemple
trouver au Catalogue
le guide "Aïe, j'ai mal !", les fiches
"La morphine, un médicament pour avoir moins mal" et
"Le M.E.O.P.A. pour avoir moins mal")
Pour mieux comprendre comment votre bébé exprime sa douleur ou son inconfort ou comment l’aider, l'association propose également les guides
"Soins et examens douloureux : comment aider votre bébé ?" et
"Je vous parle, regardez-moi !".
Comment évaluer la douleur ?
La douleur est une expérience subjective. A l'hôpital et dans les consultations de la douleur, on utilise différentes techniques pour la rendre plus objective. On peut ainsi la quantifier, donner une note (un score) et vérifier l'efficacité des traitements. Par exemple, un enfant qui se réveille après une opération note sa douleur à 6 (sur 10), l’équipe lui donne un médicament ou un traitement et vérifie ½ heure ou une heure après si la note a baissé.
Généralement, les professionnels considèrent qu’il faut proposer un traitement si la cotation de l’enfant est supérieure à trois.
Quand un enfant est trop douloureux, il est parfois nécessaire de commencer par lui donner des médicaments pour le soulager. Une fois l'enfant un peu apaisé, il sera alors possible pour les soignants d'évaluer sa douleur et de la soulager complètement.
L’évaluation par l’enfant lui même
(les soignants parlent d’auto-évaluation)
Dès 4 ans, un enfant peut lui même indiquer combien il a mal grâce à des mots, des chiffres, des jetons, des réglettes ou en dessinant.
Les outils les plus fréquemment utilisés sont :
- La réglette EVA (échelle visuelle analogique) est utilisée à partir de 5-6 ans. On demande à l’enfant de placer le curseur "aussi haut que sa douleur est grande". Sur le verso de la réglette, une graduation de 0 à 10, destinée aux soignants, permet de chiffrer la douleur et de déterminer le traitement adéquat.
- La réglette des visages (dès 4-5 ans) comprend 6 visages, l'enfant doit montrer le visage qui correspond à sa situation. A partir de 8 ans, on peut aussi tout simplement demander à l'enfant de donner une note à sa douleur, entre 0 et 10.
- Le "dessin du bonhomme" aide l'enfant à préciser où il a mal. On lui propose de "dessiner" l'endroit où il a mal sur deux schémas qui représentent un corps de face et de dos. Tout d'abord, il choisit quatre couleurs pour désigner quatre intensités de douleur (légère, moyenne, forte, très forte). Ensuite, il dessine sa douleur sur le support.
"Exemple de cotation de douleur lors d’une prise de sang en fonction de leur âge :
"
6 à 7 ans = 5 à 6
7 à 11 ans = 3 à 3,7
11 ans = 1,9 à 2,4
La sensation douloureuse pour un même geste est donc très variable en fonction de l’âge. Plus l’enfant est petit plus la sensation douloureuse est forte.
Parfois, certains enfants craignent de donner une évaluation élevée par peur d’avoir une « piqûre », un autre traitement, de devoir rester plus longtemps à l'hôpital ou encore pour ne pas inquiéter leurs parents…
L'observation par les soignants
(les soignants parlent d’hétéro évaluation)
Pour les plus jeunes enfants ou les personnes handicapées, les soignants évaluent la douleur grâce à des échelles de comportement (les parents peuvent aussi le faire si on leur a expliqué comment procéder). Il existe différentes grilles selon l’âge de l’enfant ou la situation (pour les prématurés, les enfants polyhandicapés, les douleurs post opératoires, aux urgences…). Le soignant cherche à repérer les signes qui peuvent signifier une douleur : les pleurs, l'agitation, le rythme cardiaque, le sommeil, le besoin de réconfort, la difficulté à être consoler, le manque d’appétit ou d’intérêt, l’arrêt des activités habituelles... Le résultat de cette observation donne un score de douleur (un chiffre) qui doit être noté dans le dossier de l’enfant. Un nouveau score réalisé ½ heure ou une heure après, permet de vérifier que le traitement ou les mesures prises sont efficaces et que le score a baissé.
Comment traiter la douleur ?
La prévention et le traitement de la douleur des enfants évoluent, grâce aux équipes médicales, mais aussi grâce à la détermination des parents qui réclament des améliorations et cherchent de leur côté les solutions qui évitent ou limitent la douleur (par exemple, en préférant un désinfectant qui ne pique pas).
Les moyens de soulager la douleur sont nombreux et complémentaires. Pour être efficace, il est souvent nécessaire d’en associer plusieurs.
Les moyens non médicamenteux
Ce sont tous les moyens qui permettent de mettre l’enfant dans un contexte le plus favorable possible afin qu’il puisse utiliser ses propres ressources pour limiter la sensation douloureuse.
- L'information de l'enfant fait partie intégrante de la prise en charge de la douleur. Si votre enfant comprend ce qui se passe, s’il a le sentiment de maîtriser la situation, cela peut l’aider à avoir moins mal « Quand on a moins peur, on a moins mal ! »… L’enfant mal informé peut se sentir trahi et désarmé s’il a mal et qu’il n’a pas été prévenu, de plus on risque de perdre sa confiance.
- Le confort être bien installé (coussins, lit inclinable…), ne pas avoir faim, froid, envie de faire pipi…
- Le soutien de l’entourage, le fait d’être rassuré, serein, confiant, motivé, permet de moins ressentir la douleur. Au contraire l’inquiétude, le sentiment d’impuissance, l’incertitude, la dépression, l’anxiété, peuvent exacerber les sensations douloureuses.
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Détourner l’attention de l’enfant, grâce à divers moyens de distraction, permet de limiter la sensation douloureuse lors d’un soin. C’est aussi un atout pour faciliter l’examen d’un enfant douloureux.
( Voir aussi le chapitre "Rassurer votre enfant et le distraire" du dossier conseil "Mon enfant va avoir un soin, un examen...")
- Le réflexe de frotter l'endroit douloureux ou juste à côté, est un puissant moyen pour diminuer les influx de douleur. Le massage ou les stimulations électriques peuvent aussi participer à diminuer la douleur.
- Le chaud ou le froid peut soit favoriser la détente musculaire, soit entraîner une diminution des douleurs inflammatoires (par exemple les douleurs dentaires).
- Le contact prolongé d'un bébé avec sa mère, l’allaitement, le peau à peau produisent un état de bien être qui peut bloquer la perception douloureuse lors d’un geste douloureux.
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L’administration d’une solution sucrée (de saccharose ou de glucose) associée à la succion d’une tétine entraîne également une diminution de la perception douloureuse chez le nouveau-né (moins de 2 mois).
(Voir le guide "Soins et examens douloureux : comment aider votre bébé ?")
- Des séances de relaxation ou d'hypnose thérapeutique sont proposées aux enfants et aux adolescents dans certains services. Ces deux techniques peuvent être utilisées aussi bien pour le traitement des douleurs chroniques, telles les migraines, que de certaines douleurs aiguës.
Les médicaments de la douleur
Les médicaments qui agissent contre la douleur (on dit analgésiques ou antalgiques) sont classés en 3 catégories selon leur puissance. Ce sont les trois paliers décrits par l'Organisation Mondiale de la Santé.
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Le palier 1 pour les douleurs légères à modérées : l'aspirine, le paracétamol et les anti-infammatoires non stéroïdiens, par exemple l'ibuprofène.
La plupart des médicaments du palier 1 peuvent être achetés sans prescription médicale (mais pas ceux des autres paliers) et un même médicament peut être vendu sous différentes marques.
- Le palier 2 pour les autres douleurs plus importantes : la codéine, la nalbuphine, le tramadol ou des associations de médicaments de paliers 1 et 2.
- Le palier 3 pour les douleurs très intenses : la morphine. Les réticences à prescrire la morphine ont longtemps empêché les médecins de calmer les douleurs les plus fortes. Il est pourtant prouvé qu'elle ne rend pas toxicomane quand elle est utilisée pour traiter la douleur. Elle peut être donnée sous forme de sirop, de comprimé ou par injection intraveineuse (IV). Dans certains cas, une "pompe d'analgésie contrôlée" (PCA) permet à l’enfant (à partir de 6 ans) de s'administrer lui-même la quantité dont il a besoin (selon un maximum fixé par le médecin).
Pour certaines douleurs, même très intenses (crise de migraine, douleurs liées à une atteinte neurologique, douleur psychogène...), les médecins ne donnent pas de morphine ou de morphiniques (qui sont inefficaces ou dangereux dans ces indications) : ils proposent alors d'autres molécules ou d'autres solutions.
Le mode d’administration
Les médicaments peuvent se donner sous des formes très différentes : sirop, comprimé, gélule, suppositoires, pommade, spray, patch, injection, perfusion.
Cette variété permet aux médecins de prescrire ce qui est le plus adapté à l’enfant et à la situation (par exemple action rapide ou continue). Ils privilégient ce qui est le moins douloureux et le plus pratique pour les enfants. Le fait de donner le médicament par une injection ou une perfusion, n’est pas un signe particulier de gravité.
Suivre la prescription
Si votre enfant semble bien soulagé avec ce que le médecin a prescrit, il est important de continuer à donner la quantité de médicament prévue en respectant les intervalles. En effet, il est plus facile d’empêcher la douleur d’apparaître que de la traiter quand elle est là.
Si votre enfant semble avoir mal malgré le traitement, n’hésitez pas à contacter le médecin ou l’équipe soignante, pour éventuellement modifier la quantité ou vous faire prescrire un médicament plus efficace.
Les anesthésiques locaux
Ils permettent également d'éviter la sensation de douleur. Ils existent sous différentes formes :
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l'injection : c'est par exemple la piqûre que le dentiste réalise dans la gencive avant le soin d'une dent. Cette technique est aussi utilisée dans d'autres situations comme les points de suture. La piqûre elle-même est parfois douloureuse.
( Voir la fiche pratique "Les points de suture : comment avoir moins mal ?")
- les sprays ou les gels sont efficaces sur les muqueuses (les gencives, l'intérieur de la bouche ou les narines...).
- la crème anesthésiante "endort" la peau à l'endroit où l'on doit faire une piqûre. Elle est aussi utilisée pour certains actes en dermatologie, pour enlever des verrues ou des molluscums. Il faut en mettre une couche épaisse sous un pansement spécial ou utiliser un "patch" (la crème est déjà sur le pansement), une heure et demie avant.
Le MEOPA, un mélange gazeux
C'est un mélange d'oxygène et de protoxyde d'azote en quantités égales. Pour simplifier on dit "Proto" ou "MEOPA" (Mélange Equimolaire Oxygène Protoxyde d’Azote). Il n'a aucune odeur, comme l'air, et on le respire dans un masque. Il ne fait pas vraiment dormir mais il permet de supprimer ou d'atténuer la douleur lors de certains soins : points de suture, ablation de fils, pansement, ponction lombaire...
Il faut le respirer pendant quelques minutes avant qu’il agisse, dès que le masque est enlevé, l’effet disparaît.
(Voir la fiche
"Le M.E.O.P.A. pour avoir moins mal")
Pour vous aider
Des documents SPARADRAP
Des sites Internet
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Enfant-do est un site ludique pour les enfants pour mieux comprendre ce qu'est la douleur, comment on l'évalue et comment on la traite.
http://www.chu-toulouse.fr/enfantdo
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Le site de l'Institut Upsa de la douleur propose un dossier grand public sur la douleur de l'enfant et sa prise en charge.
http://www.institut-upsa-douleur.org
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Le site sur la migraine de l'enfant réalisé par le Centre de la Migraine de l'Enfant.
http://www.migraine-enfant.org
Une sélection d'ouvrages pour la jeunesse
Liste d'ouvrages pour les enfants sur le thème de la douleur disponibles dans le commerce.





















