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Les différents moyens de distraction

Il existe de nombreux moyens pour détourner efficacement l’attention des enfants, l’important est de disposer d’un panel assez large pour qu’ils soient adaptés à leur âge.

Un préalable

Tous les enfants sont très sensibles au contexte du soin, à une ambiance sereine, que soignants et parents s’attacheront à créer (des tons de voix calmes, pas de précipitation, d’énervement…).
Les bébés, seront particulièrement réconfortés par la présence de leurs parents, le contact physique et oral avec eux et bien sûr leur doudou. De nombreux soins peuvent être réalisés alors que l’enfant est installé à côté du parent, dans ses bras, sur ses genoux, allongé sur le ventre de la maman (échographie…).

Des boites de jeux

Dans les services, qui accueillent des enfants de 0 à 18 ans (y compris les SMUR et les services de HAD), on peut schématiquement définir trois grandes catégories d’âges (les 0/3 ans, les 4/10 ans, les plus de 11 ans) et constituer des «boites de jeux» en fonction. Néanmoins, certains jeux peuvent intéresser quasi tous les âges, et ceux qui sont multi sensoriels ou intrigants sont plus susceptibles de détourner l’attention des enfants (son + mouvement + lumière + plus contact étonnant…).
Voir par exemple, la liste de jeux sélectionnés et la façon de les présenter de l’équipe du CHU de Rennes.
Certains fournisseurs (enseignes ou vente par correspondance) disposent d’un large choix de jouets :
Hop’toys, Rompa, Snoezelen, Nathan, La Grande Récré, Fnac Eveil et jeux, Natures et découvertes, Haba
Pour plus d’informations, voir le carnet d’adresse > liste fournisseurs divers.

Nommer les boites

Les services font preuve d’imagination pour nommer ces boites, voici quelques exemples : Magic Box, (Clinique de l’Espérance à Liège…), valise magique (pédiatrie au CH de Sarrebourg), panier magique (pédiatrie au CH de Chambéry), Picadou (IME H Delalande à Lavault Saint Anne), Valise Dr Bobo (pédiatrie au CH de Cholet), Sensibox (hémato-oncologie au CHU de Rennes)…

Quelques critères de choix pour les jeux

  • La facilité d’utilisation : afin de garantir au mieux l’utilisation systématique des moyens de distraction par tous les professionnels, les objets doivent être simples d’utilisation : temps d’installation court, rangement pratique et toujours au même endroit, ne nécessitant pas ou peu de formation…
  • L’hygiène : la possibilité de désinfecter les objets de distraction proposés est un critère très important lors de l’achat des objets et jeux. Pour s’adapter aux bébés qui apprécient de pouvoir porter les objets à leur bouche. Beaucoup d’objets en plastique peuvent facilement être désinfectés à l’Anios alimentaire® ou au Surfanios®. Mais, il est également possible d’avoir certains objets que seuls les professionnels manipulent (marionnettes à doigts, sifflets…). Certains jeux peuvent être protégés par un sac en pastiques pour en faciliter la désinfection.
  • Le coût : il peut être très variable selon l’ambition du projet, et ne nécessite pas obligatoirement un budget important.
  • Les disparitions : dans une certaine mesure, elles sont inévitables (et il vaut mieux le savoir pour ne pas en être blessé ou se décourager), il est préférable d’acheter d’office plusieurs exemplaires du même jeu. Même si l’efficacité n’est pas garantie, on peut par précaution, apposer une étiquette, une marque, un tampon afin de bien identifier que le jeu appartient au service.

Quelques conseils

  • Il est indispensable de prévenir l’enfant que ces jeux appartiennent au service et doivent pouvoir aider tous les enfants et qu’ils ne pourront donc pas les garder et les ramener chez eux.
  • Il est préférable d’avoir pu jouer avec tous les jouets, non seulement pour pouvoir expliquer à l’enfant comment s’en servir mais surtout pour y prendre du plaisir, car il sera communicatif auprès de l’enfant, qui se l’appropriera encore plus volontiers.
  • Tester les jouets c’est aussi repérer, pour quels soins ils sont les plus adaptés. Par exemple, le champ de vision d’un enfant est réduit lors d’une ponction lombaire, difficile d’utiliser un jeu qui nécessite ses deux mains lors de la pose d’un cathéter. Le test peut permettre de remarquer certaines précautions à prendre, comme par exemple dire à l’enfant de ne pas approcher le ventilateur de ses cheveux au risque qu’ils s’y coincent…

D’autres moyens

Des équipements

Lorsqu’ils sont fixes, l’intérêt est qu’ils sont toujours disponibles et ne nécessitent pas une installation particulière ou complexe avant le soin.

  • Un écran de télévision ou un ordinateur pour visionner des films, un lecteur de CD, un lecteur MP3, une console de jeux. Dans ce cas, le service peut s’assurer de disposer d’un choix suffisamment large de films, musique, jeux pour différentes tranches d’âges.
  • Un tableau magnétique effaçable à sec avec différents magnets à déplacer et des feutres pour dessiner. Voir l’initiative du service de pédiatrie du CH de Paimpol.
  • Des équipements permettant de projeter des images sur les murs ou au plafond, des panneaux de variations de couleur, des colonnes à bulles, des tapis interactifs, gerbes de fibres optiques… (Type matériel Snoezelen®). Voir l'initiative du Centre de Médecine Physique et de Réadaptation de l’Enfance - Flavigny sur Moselle
  • Des équipements pour voir des vidéo en 3D (voir le site d'Amazing Interactives )
  • Trouver un fil conducteur, un thème de décoration et de jeux peut renforcer l’ambiance ludique. Par exemple l’univers de Tintin à l’hôpital de jour de l’hôpital Pellegrin à Bordeaux ( voir l’initiative), ou Maya l’abeille dans le service de pédiatrie du CH de Flers (participant au concours sur la distraction).

Des stratégies de diversion

  • Surprendre agréablement les enfants avec un objet, un jeu intrigant, une activité qu’ils ne connaissent pas. Ce qui est nouveau est toujours très attractif !
  • Certains enfants ou adolescents peuvent apprécier qu’on leur lance un défi «Je parie que j’aurai fini le soin avant que tu aies trouvé les 7 différences sur l’illustration !» ou qu’on leur propose un concours qui peut concerner les différentes personnes présentes : «Qui saura mieux dessiner une tour Eiffel sur le tableau ?...», «Qui connait la blague la plus bête ?».
  • Faire exprès de se tromper pour faire réagir l’enfant : en expliquant quelque chose, en comptant une série de chiffres, en transformant les paroles d’une chanson connue… Ou prévenir l’enfant que vous allez volontairement vous tromper ou modifier des paroles et qu’il doit repérer l’erreur ou le changement.
  • Faire semblant de se contredire, de se chamailler entre collègues.
  • Détourner le rôle du matériel médical (l’écran du cardioscope fait des vagues ou des montagnes, le masque d’anesthésie devient celui de l’aviateur…).