• Envoyer un mail à un ami
  • Imprimer la page

La prise en charge de la douleur

Les soignants disposent maintenant de nombreux moyens pour éviter ou soulager la douleur. Pour être efficace, il est souvent nécessaire d’en associer plusieurs. Vous pouvez vous reporter au dossier conseils : Si mon enfant a mal.

Mais voici quelques précisions concernant les piqûres.

La perception de la douleur varie selon l’âge

Généralement, plus un enfant grandit, plus la sensation de la douleur diminue pour la même piqûre.
Par exemple, pour une prise de sang
- un enfant de 6 à 7 ans dira qu’il a mal entre 5 et 6 sur une échelle de 10
- un enfant de 7 à 11 ans dira qu’il a mal entre 3 et 3,7
- un enfant de plus de 11 ans dira qu’il a mal entre 1,9 à 2,4

Un moyen non médicamenteux efficace : la distraction

A tout âge, détourner l’attention de l’enfant grâce à divers moyens de distraction, permet de limiter la sensation douloureuse lors d’un soin. Chaque soignant a ses “trucs” pour que les moments parfois impressionnants ou désagréables se passent bien, par exemple mimer le geste sur une poupée ou un nounours, chanter, raconter une blague... Mais en tant que parents, après vous être concertés avec les soignants, vous pouvez aussi aider à rassurer ou distraire votre enfant de multiples façons.

Voici quelques idées pour rassurer ou distraire votre enfant
- Vous installer à proximité ou faire en sorte qu’il vous voit.
- Lui demander de vérifier que vous ne faites pas d'erreur en comptant.
- Le toucher, lui tenir la main.
- Lui parler, l’écouter et l’encourager.
- Chanter pour lui ou avec lui, lui faire écouter ses musiques préférées.
- Lui raconter une histoire, lui lire un livre.
- Blaguer, le faire compter à l’envers.
- Faire des bulles de savon (ou faire semblant d’en faire).
- Jouer avec son doudou ou un objet attrayant (qui clignote, émet des sons, bouge, tourne).

Les moyens médicamenteux

Les principaux moyens pour soulager la douleur d’une piqûre sont la crème anesthésiante et le MEOPA :

La crème anesthésiante

Elle se présente sous forme de patch ou de crème avec un pansement spécial. Elle est très efficace pour la prise de sang ou la pose d’une perfusion sous réserve d’avoir été posée au minimum 1 heure avant (voire 2 heures pour une anesthésie de la peau plus profonde ou si votre enfant a la peau noire).

Par contre, la crème n’est pas totalement efficace pour tous les vaccins. En effet, elle supprime la douleur au moment où l’aiguille entre dans la peau et dans la mesure où la piqûre n’est pas trop profonde, mais elle ne soulage pas aussi efficacement le moment où le liquide du vaccin passe dans la peau ou le muscle. De plus, certaines marques de vaccin sont plus douloureuses que d’autres, vous pouvez vous renseigner auprès de votre médecin.
On pourra vous demander de mettre vous-même la crème anesthésiante avant le rendez-vous. Dans ce cas, le professionnel vous indiquera précisément le ou les endroits où poser la crème ou le patch (dos de la main, pli du coude pour une prise de sang, haut du bras ou de la cuisse pour un vaccin).

Le MEOPA

Il s'agit d'un mélange de gaz, d'oxygène et de protoxyde d'azote.
Pour simplifier on dit "Proto" ou "MEOPA" (Mélange Equimolaire Oxygène Protoxyde d’Azote). Il n'a aucune odeur, et on le respire dans un masque. Il ne fait pas dormir, votre enfant reste conscient et peut parler, mais il permet de supprimer ou d'atténuer la douleur. Il faut le respirer pendant quelques minutes avant qu’il agisse, dès que le masque est enlevé, l’effet disparaît.

Il est maintenant de plus en plus utilisé à l’hôpital (et depuis 2010 il peut aussi être utilisé pour des soins à domicile, ou chez le dentiste).
Son utilisation est officiellement recommandée pour certaines piqûres : ponction lombaire, myélogramme ainsi que la prise de sang ou une perfusion si l’enfant a beaucoup d’appréhensions ou a vécu des expériences antérieures difficiles. Il est adapté pour des enfants à partir de 4 ans, mais peut aussi être utilisé avec des enfants plus jeunes, voire des bébés, s’ils acceptent bien le masque.