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Comment évaluer la douleur ?
La douleur est une expérience subjective. A l'hôpital et dans les consultations de la douleur, on utilise différentes techniques pour la rendre plus objective. On peut ainsi la quantifier, donner une note (un score) et vérifier l'efficacité des traitements. Par exemple, un enfant qui se réveille après une opération note sa douleur à 6 (sur 10), l’équipe lui donne un médicament ou un traitement et vérifie ½ heure ou une heure après si la note a baissé. Généralement, les professionnels considèrent qu’il faut proposer un traitement si la cotation de l’enfant est supérieure à trois.
Quand un enfant est trop douloureux, il est parfois nécessaire de commencer par lui donner des médicaments pour le soulager. Une fois l'enfant un peu apaisé, il sera alors possible pour les soignants d'évaluer sa douleur et de la soulager complètement.
L’évaluation par l’enfant lui même
(les soignants parlent d’auto-évaluation)
Dès 4 ans, un enfant peut lui même indiquer combien il a mal grâce à des mots, des chiffres, des jetons, des réglettes ou en dessinant.
Les outils les plus fréquemment utilisés sont :
- La réglette EVA (échelle visuelle analogique) est utilisée à partir de 5-6 ans. On demande à l’enfant de placer le curseur "aussi haut que sa douleur est grande". Sur le verso de la réglette, une graduation de 0 à 10, destinée aux soignants, permet de chiffrer la douleur et de déterminer le traitement adéquat.
- La réglette des visages (dès 4-5 ans) comprend 6 visages, l'enfant doit montrer le visage qui correspond à sa situation. A partir de 8 ans, on peut aussi tout simplement demander à l'enfant de donner une note à sa douleur, entre 0 et 10.
- Le "dessin du bonhomme" aide l'enfant à préciser où il a mal. On lui propose de "dessiner" l'endroit où il a mal sur deux schémas qui représentent un corps de face et de dos. Tout d'abord, il choisit quatre couleurs pour désigner quatre intensités de douleur (légère, moyenne, forte, très forte). Ensuite, il dessine sa douleur sur le support.
"Exemple de cotation de douleur lors d’une prise de sang en fonction de leur âge :
6 à 7 ans = 5 à 6
7 à 11 ans = 3 à 3,7
11 ans = 1,9 à 2,4La sensation douloureuse pour un même geste est donc très variable en fonction de l’âge. Plus l’enfant est petit plus la sensation douloureuse est forte.
"
Parfois, certains enfants craignent de donner une évaluation élevée par peur d’avoir une « piqûre », un autre traitement, de devoir rester plus longtemps à l'hôpital ou encore pour ne pas inquiéter leurs parents…
L'observation par les soignants
(les soignants parlent d’hétéro évaluation)
Pour les plus jeunes enfants ou les personnes handicapées, les soignants évaluent la douleur grâce à des échelles de comportement (les parents peuvent aussi le faire si on leur a expliqué comment procéder). Il existe différentes grilles selon l’âge de l’enfant ou la situation (pour les prématurés, les enfants polyhandicapés, les douleurs post opératoires, aux urgences…). Le soignant cherche à repérer les signes qui peuvent signifier une douleur : les pleurs, l'agitation, le rythme cardiaque, le sommeil, le besoin de réconfort, la difficulté à être consoler, le manque d’appétit ou d’intérêt, l’arrêt des activités habituelles... Le résultat de cette observation donne un score de douleur (un chiffre) qui doit être noté dans le dossier de l’enfant. Un nouveau score réalisé ½ heure ou une heure après, permet de vérifier que le traitement ou les mesures prises sont efficaces et que le score a baissé.










