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Centre hospitalier universitaire d'Angers - Pôle imagerie

En octobre 2002, après avoir mis en place un protocole de prise en charge de la douleur pour les cystographies, un cadre et une manipulatrice du Pôle imagerie du Centre Robert Debré à Angers ont suivi une formation sur l'information par le jeu à SPARADRAP et ont présenté à l’ensemble de l’équipe médicale et paramédicale un projet de préparation aux examens en utilisant le jeu. Motivée, toute l’unité a adhéré très rapidement au projet.

Sommaire

Fiche signalétique

Établissement

CHU Angers
Pôle imagerie - Service de radiologie Centre Robert Debré (enfants et adultes)
4, rue Larrey
49933 Angers cedex 9

Responsable du service

Professeur AUBÉ C., Chef du département de Radiologie

Responsable de l'unité

Dr LOISEL D.

Porteuses du projet

Maryvonne PETIT, manipulatrice en électroradiologie
Fabienne BALMONT, manipulatrice en électroradiologie
A l'origine : Annie BANNIER, cadre

Présentation du projet

Objectifs

  • Améliorer l'information et la préparation des enfants et des parents en se servant d'un médiateur. Nous voulons montrer, expliquer, être à l'écoute et permettre de poser des questions. Le jeu est un support visuel d'informations qui va accompagner et faciliter la compréhension des explications.
  • Limiter la douleur ou la peur : "quand on a moins peur, on a moins mal"
  • Éviter l'appréhension lors des prochains examens, car les premiers contacts réussis sont déterminants pour l'avenir de l'enfant avec le monde hospitalier.
  • Optimiser le relationnel enfants-parents/accompagnants-soignants.

Public(s) concerné(s)

Les enfants de 0 à 16 ans

Pratique ou éléments concernés (soin, examen, lieu, matériel...)

Utilisation du jeu pour les examens standards et médicalisés : cystographie rétrograde, Transit Oeso Gastro Duodenal (TOGD), lavement baryté…

Méthode utilisée

Nous utilisons les différents médiateurs dont nous disposons (poupons, planches anatomiques, mannequins) pour expliquer la radio que l'enfant va avoir.

La réalisation de l'examen est commentée, mimée sur un baigneur sexué, pour les enfants entre 3 et 10-12 ans. L’enfant est invité à toucher, à reproduire ou à participer à la réalisation de certains gestes. Cela lui permet de se positionner par rapport à une situation qu'il ne connaît pas, qui s'impose à lui et qu'il appréhende sans doute.

Pour les plus grands l'explication est plus technique en s’aidant des planches anatomiques.
Le jeu lumineux ou sonore (sorte de baguette magique) peut servir de diversion pour les tous petits, pour prendre un cliché rapidement ou réaliser un geste désagréable.

Dès l’accueil, la salle d’attente, et jusque dans les salles de radio nous avons crée un environnement adapté à l'univers de l'enfant : décoration colorées, livres, jeux, trombinoscope pour présenter l’équipe, petites vitrines a hauteur des enfants avec des personnages "Playmobil".

Moyens nécessaires

Différents jeux et jouets lumineux et sonores.
Des baigneurs sexués avec tout le matériel nécessaire pour présenter et mimer les examens.
Une poupée de chiffon sur laquelle peuvent être ajouté des planches anatomiques de l'appareil pulmonaire, urinaire et digestif, confectionnées par des membres de l’équipe.
Des mannequins grandeur nature sur lesquels sont disposés une planche anatomique de l'appareil digestif et pulmonaire.
Des vitrines avec des personnages "playmobil" qui représentent le monde hospitalier : la salle d'échographie, le bloc opératoire, l’ambulance…).

Pérennisation

Mise en place de protocoles (en cours d’actualisation) :

Communication interne

  • auprès des autres services de radiologie de l’hôpital
  • présentations aux élèves infirmières de 1ère année (IFSI)
  • article dans le journal interne du CHU Angers

Communication en externe

  • presse locale
  • participation à l'émission télévision les "Maternelles"
  • participation au film réalisé par SPARADRAP "Informer par le jeu"
  • présentation au congrès des manipulateurs à Vichy en mai 2005
  • Article dans le mensuel Manip info
  • Présentation aux Journées Françaises de Radiologie en octobre 2008
  • Article dans le Journal du manip en mars 2009

Évaluation

Pour apprécier le travail réalisé nous avons distribué 180 questionnaires entre avril et octobre 2003 dont 118 ont pu être exploités, concernant : 96% de cystographies, 2% de TOGD 1% de LB et UIV

Les résultats sont les suivants :

  • 99% des parents et/ou enfants ont été bien, voire, très bien informés.
  • Pour 90% cette information a rassuré, 62% aidé et 50% réconforté.
  • L'examen s'est passé comme nous l'avions expliqué pour 95% des personnes informées
  • L'information par le jeu par rapport à la méthode traditionnelle a été: (plusieurs réponses possible)
    > plus adaptée à 80%
    > plus efficace à 70%
    > plus attrayante à 60%

Un autre questionnaire a été distribué en 2005 et conforte ces résultats.

Analyse

Difficultés rencontrées, écueils à éviter

Au départ, nous avons rencontré des difficultés financières, nous avons dû utiliser les moyens personnels. Par la suite nous avons pu béneficier d’enveloppes financières : par le service de pédiatrie, l’association des
Anysetiers, la Fondation des Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France (opération pièces jaunes)

Éléments facilitateurs

  • Motivation du service.
  • Participation à la réalisation, à la confection des différents outils (membres de l’équipe, service technique de l’hôpital).
  • Transmission régulières sur l’avancement du projet, les évaluations, les retombées.
  • Projet facilité par une équipe petite et stable et une adhésion de l'équipe médicale.

Conseils, astuces, recommandations

  • Au départ, il est toujours possible d'utiliser des moyens personnels de chacun (créativité).
  • Il est nécessaire d'avoir un ou plusieurs référents moteurs au sein du service pour mener à bien ce projet (coordonner, transmettre, former, encourager, évaluer…).
  • Faire appel à l'association SPARADRAP

Points forts

  • C'est un changement considérable dans la prise en charge : nous avons noté une meilleure compréhension des enfants et des parents.
  • Au départ, il faut du temps supplémentaire pour les explications. Le temps que tout se mette en place et que chacun soit à l'aise avec la méthode.
  • Actuellement, les examens se passent dans de très bonnes conditions (+ sereines), à la satisfaction de l’équipe et des familles.

Points faibles

  • Il y a toujours quelques rares exceptions de réticence
  • Cette méthode peut être plus difficile à adapter à d’autres examens, par exemple la désinvagination.

Photos

  • Poupons assexués et mannequins avec planches anatomiques
  • Trombinoscopes de présentation de l'équipe