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Comment distraire l'enfant pendant un soin ?

Chanter ou raconter une histoire est une façon de distraire un enfant mais ce n’est pas toujours suffisant… Distraire c’est être dans un état d’esprit particulier et anticipé, de vouloir arriver à capter, à détourner l’attention de l’enfant pour l’attirer vers quelque chose de positif, alors que l’on pratique sur lui un geste impressionnant, pénible ou douloureux.

Différents canaux pour capter l’attention de l’enfant

Chaque enfant est sensible aux stimuli visuels, auditifs, kinesthésiques (le toucher), olfactifs ou gustatifs (pour simplifier ou s’en souvenir on dit aussi «le VAKOG»).
Selon sa personnalité, son âge, les expériences de sa vie, l’enfant privilégie l’un ou l’autre canal qu’il s’agit d’activer parce qu’il sera plus efficace qu’un autre au moment du soin. Pour le repérer, il s’agit de donner le choix à l’enfant au travers d’un ensemble de jeux, de propositions, lui permettant d’indiquer aux soignants celui qu’il préfère. Cependant, en associer plusieurs peut renforcer l’efficacité de la captation de son attention.

Différents niveaux de distraction

Cette stimulation sensorielle peut se faire à différents moments et de différentes façons complémentaires :

Aménager l’espace

S’assurer que l’espace est accueillant, décoré, adapté à l’univers des enfants ou des adolescents est déjà un moyen efficace de rassurer l’enfant. C’est un message positif qui se transmet d’emblée avant même que la relation s’initie. Les enfants comprennent que les adultes ont pensé à eux, ont fait des efforts pour les accueillir et les mettre en confiance, signe d’une bienveillance de leur part.

Cela peut consister à décorer les murs ou les plafonds (grâce à des peintures, des tableaux, des dessins d’enfants…) des différents lieux où l’enfant va se déplacer (hall d’entrée, couloirs, salles d’attente, chambres, salle à manger, salles de soins, salles du bloc opératoire…) et de mettre à disposition des jeux, des animations (mobiles, écran de télévision, panneaux ludiques à manipuler, borne internet, luminaires animés, parcours de jeux…).

Proposer un jeu avant le soin

Qu’il soit ou pas déjà dans la pièce où aura lieu le soin, il s’agit d’occuper l’enfant, de le faire patienter avant de commencer le soin, en proposant un jouet, un jeu, une activité.
Les moyens de distraction sont très nombreux et variés, par exemple : écouter une histoire, de la musique, regarder des images, la télévision, des objets ludiques, des mobiles, des animations visuelles, jouer à des jeux vidéo, se faire masser, se relaxer, chanter, compter, dessiner, souffler des bulles, respirer des odeurs, manipuler des objets ludiques, détourner l’utilisation du matériel médical.
On fera bien sûr en sorte que l’enfant garde avec lui ce qui le rassure, en particulier son objet transitionnel «son doudou», s’il en a un.

Proposer une méthode de distraction dans le cadre de la relation soignant-soigné :

Écouter un CD, regarder une vidéo peut rassurer l’enfant, c'est-à-dire participer à la création d’une ambiance familière pour l’enfant, mais quelques fois, l’enfant a besoin de plus, il a besoin de sentir que c’est à l’intérieur de la relation qu’il trouvera les ressources nécessaires pour faire face à ce qui lui fait peur. Dans ce cas, les objets médiateurs sont de bons outils pour établir rapidement une relation aux vertus rassurantes. Ces outils vont accompagner le déroulement du soin et seront un support efficace pour établir une relation entre le soignant, l’enfant et le parents.
A l’inverse proposer un outil de distraction sans le placer dans le cadre d’une bonne relation va réduire considérablement l’efficacité de la méthode, voir la contredire.