Mon enfant va passer une scintigraphie

Votre médecin a prescrit une scintigraphie à votre enfant : de quoi s'agit-il ?
Ce dossier vous explique à quoi sert cet examen, comment il va se dérouler, ce qui peut être difficile pour votre enfant et ce que vous pouvez faire pour l’aider.

 

 

Qu'est-ce qu'une scintigraphie ?

Appareil pour réaliser les scintigraphieLa scintigraphie est un examen de médecine nucléaire. Après injection d’un médicament spécial très faiblement radioactif (appelé “radio-traceur“), une gamma-caméra enregistre les rayons émis par le médicament et fabrique des images. Contrairement à la radio classique, qui permet de voir seulement la forme des organes, la scintigraphie permet d’étudier leur fonctionnement. La gamma-caméra se compose d’un lit mobile qui coulisse entre deux plaques qui captent les rayons.

 

 

Comment se déroule une scintigraphie ?

Une scintigraphie se déroule en trois temps.

1 - L’injection

On injecte, par voie intraveineuse, un médicament radiopharmaceutique (“radio-traceur”). L’utilisation de crème anesthésiante (à poser au moins une heure avant à l’endroit où la piqûre va être faite) et de moyens de distraction adaptés sont très efficaces pour aider l’enfant à avoir moins peur et moins mal. On peut aussi lui proposer de respirer un mélange gazeux (le MÉOPA) dans un masque pour le détendre et le soulager.

2 - L’attente

Il faut attendre que le médicament se fixe sur les organes ou les parties du corps à examiner. Le temps d’attente nécessaire varie de quelques minutes à quelques heures selon le type de scintigraphie. Selon les cas, l’attente peut avoir lieu dans la salle d’attente du service ou à l’extérieur, voire à la maison.

3 - La scintigraphie proprement dite

Avant la scintigraphie

Le.la manipulateur.trice vous accueille dans une cabine avec votre enfant et lui explique ce qu’il.elle va faire et pourquoi.

Votre enfant doit enlever tous les objets métalliques qu’il porte : montres, bijoux, lunettes, ceintures…

Dans la salle d’examen, le.la manipulateur.trice installe votre enfant sur le lit mobile, dans la bonne position pour faire la sintigraphie : allongé le plus souvent, calé éventuellement avec des coussins pour être plus confortable. Il peut aussi être maintenu par des bandes pour rester immobile et ne pas tomber.

Le lit où l’enfant est allongé coulisse doucement pour placer la partie du corps à examiner entre les deux plaques.

Le.la manipulateur.trice sort de la pièce et se place derrière une vitre.

Pendant la scintigraphie

Les plaques tournent et se déplacent très près de votre enfant, mais sans jamais le toucher : la caméra détecte les rayons émis par le médicament radio-traceur, ce qui permet d’obtenir des images.

L’appareil peut parfois être couplé à un scanner afin de faire d’autres types d’images si le médecin en a besoin.

Grâce au micro, le.la manipulateur.trice demande à votre enfant de ne pas bouger. Il peut respirer tranquillement tout le long de l’examen.

Après la scintigraphie

Il faut attendre dans la salle d’examen le temps que le médecin radiologue vérifie la qualité des images. S’il faut refaire des images, votre enfant s’installe de nouveau sur le lit mobile.

Si les images conviennent, votre enfant peut récupérer ses affaires dans la cabine.

Le médecin vous donne oralement les premiers résultats et vous les explique. Puis il communique le compte-rendu et les images sélectionnées, au médecin qui a prescrit la scintigraphie.

 

 

Comment se déroule l’examen pour les plus petits ?

Le déroulement de la scintigraphie est identique mais certains aménagements sont prévus pour le confort du bébé : par exemple, un cocon ou un petit matelas adapté est installé sur le lit mobile.

Pour limiter la douleur de la piqûre, en plus de la crème anesthésiante, on peut donner au bébé une tétine à sucer et une solution sucrée ou lui donner une tétée s’il est allaité (on attend 2 minutes avant de commencer  la piqûre). On encourage également les parents à prendre leur bébé dans les bras et à le distraire avec des jouets adaptés.

 

 

Combien de temps dure l’examen ?

C’est très variable. Mais si on compte le trajet, le temps d’accueil, l’injection, le temps d’attente et la prise des clichés, il faut souvent prévoir une demi-journée voire une journée entière.

Cela demande de bien vous organiser, en particulier si vous avez d’autres enfants, car leur présence dans le service de médecine nucléaire n’est pas acceptée

 

 

Est-ce que vous pouvez assister à l’examen ?

Oui, votre présence est même encouragée mais, le plus souvent, une seule personne est acceptée en salle d’examen.

Sachez que l’accès aux services de médecine nucléaire est déconseillé aux femmes enceintes ou susceptibles de l’être. Si c’est votre cas, contactez le service de médecine nucléaire : selon les situations, on pourra vous demander de faire accompagner votre enfant par un autre adulte.

 

 

Ce qui peut être difficile pour votre enfant

La peur de la piqûre

L’injection elle-même est indolore (le médicament radiopharmaceutique n’est pas irritant) mais la piqûre inquiète la majorité des enfants (personne n’aime les piqûres !).

L’utilisation de la crème anesthésiante (à poser au moins une heure avant à l’endroit où la piqûre va être faite) et de moyens de distraction adaptés sont très efficaces pour aider l’enfant à avoir moins peur et moins mal.

On peut aussi lui proposer de respirer un mélange gazeux (le MÉOPA) dans un masque pour le détendre et le soulager.

L’environnement

Il fait frais dans la salle d’examen (pour le bon fonctionnement des appareils). En cas de besoin, on peut proposer à votre enfant une couverture.

L’obligation de rester immobile

Il est difficile pour un enfant de ne pas bouger. Mais c’est essentiel pour avoir des images de bonne qualité (si elles sont floues il faut recommencer).

En salle d’examen, la personne qui vous accueille peut utiliser divers moyens pour aider votre enfant à ne pas bouger et à être le plus confortable possible (coussins, mousses, bandes à velcros, matelas spécial…). En complément, des moyens de distraction sont proposés pour capter son attention et l’aider à rester immobile : écouter de la musique ou des histoires, regarder une vidéo… Certains enfants arrivent même à s’endormir quand l’examen est long.

Dans tous les cas, il peut dire quand ça ne va pas : la plupart du temps, le.la manipulateur.trice trouvera une solution.

Malgré une préparation adaptée, il arrive qu’un enfant soit trop agité pour rester immobile (c’est le cas parfois quand l’enfant a eu une mauvaise expérience lors d’un soin ou d’un examen dans le passé). Il est alors important de laisser l’enfant récupérer, de le rassurer et d’attendre qu’il soit prêt à reprendre l’examen.
Si votre enfant est angoissé ou agité, il peut être nécessaire de lui administrer un léger sédatif.

 

 

Comment aider votre enfant ?

Avant l'examen

Informer votre enfant est très important : s’il a bien compris la nécessité et le déroulement de l’examen, il coopère plus facilement. Notre fiche illustrée peut vous aider à préparer votre enfant :

Fiche La scintigraphie> Feuilleter en ligne la fiche La scintigraphie

> Commander la fiche La scintigraphie en version papier

 

 


Vous pouvez aussi “jouer à la scintigraphie” avec lui (grâce à des figurines par exemple) et l’entraîner à “jouer à la statue“, en le chronométrant. Cette méthode de préparation, où l’enfant peut découvrir l’examen en jouant à faire “comme pour de vrai“, est très efficace.

Pour le confort de votre enfant, mettez-lui des vêtements faciles à enlever. Votre enfant peut boire et manger comme d’habitude avant l’examen, pendant le temps d’attente et après l’examen. Dans le cas d’une scintigraphie rénale, il est même conseillé de boire plus que d’habitude avant l’examen : vous en serez prévenu lors de la prise de rendez-vous.  

Certains types de scintigraphie nécessitent la prise d’un médicament pendant quelques jours ou seulement le jour même. Les précisions seront notées sur l’ordonnance remise par le médecin.

Si on vous a demandé de poser vous-même la crème anesthésiante à la maison, assurez-vous de respecter le délai d'une heure avant l’injection.

Sachez aussi que, pour aider l’enfant à se détendre et à mieux supporter l’injection et l’examen, certains services donnent parfois aux enfants un médicament par la bouche.

Pendant l’injection

Vous pouvez aider votre enfant en le distrayant, en lui racontant une histoire, en chantant… Il peut être utile d’avoir avec vous des moyens de distraction que votre enfant apprécie (objets, images, musique…) pour l’aider à se focaliser sur quelque chose d’agréable. La distraction est un moyen très efficace pour diminuer la peur et la douleur.

Pendant l’attente

Le temps d'attente peut être long. S'il a lieu dans la salle d’attente du service, là encore il est utile d’emporter avec vous des moyens pour occuper votre enfant (jouets, jeux, livres, activités…).

Pendant l’examen

Votre enfant peut garder avec lui un objet familier, son doudou ou sa tétine pour le rassurer.
Vous pouvez rester près de lui, lui parler pour garder le contact et l’apaiser

Après l’examen

Parlez ensemble de ce qui vient de se passer ; expliquez une fois de plus pourquoi l‘examen était nécessaire.

Dans tous les cas, félicitez votre enfant d’avoir fait son possible pour coopérer, ou d’avoir dit ce qu’il ressentait. Si l’examen a été difficile, pour éviter de retenir un souvenir négatif, vous pouvez chercher avec lui (dans la mesure du possible) un aspect positif à retenir de cette expérience. Certains enfants aimeront, dans les jours qui suivent, “jouer à la scintigraphie” avec une peluche ou la dessiner.

> Voir aussi notre dossier de conseils "Comment aider mon enfant lors d'un soin"

 

 

Quelles sont les précautions à prendre après l’examen ?

Il est important que votre enfant boive régulièrement de l’eau. En effet, c’est par les urines que le médicament radiopharmaceutique est éliminé. Plus votre enfant boit (et urine), plus rapidement le médicament sera éliminé.

L’équipe qui a réalisé l’examen vous remettra des informations sur les éventuelles précautions de radioprotection à respecter vis-à-vis de l’entourage de votre enfant.

 

 

Une scintigraphie, est-ce dangereux ?

Non, le médicament radiopharmaceutique utilisé émet un rayonnement faiblement radioactif, il est non toxique et sans danger.

Selon le traceur utilisé, l’irradiation est variable : par exemple, pour une scintigraphie osseuse, elle est moins importante que pour un scanner du thorax.

Néanmoins, les doses de rayonnement (naturel ou médical) s’accumulent. Chaque examen d’imagerie médicale est donc toujours prescrit par votre médecin uniquement s’il est indispensable pour la santé de votre enfant.

Page du carnet de santé 2018Après l’examen, vous pouvez noter la date de la scintigraphie dans son carnet de santé sur la page intitulée “Examens radiologiques“. Pensez également à conserver tous les résultats des examens d’imagerie médicale de votre enfant.

 

 


Auteurs

  • Caroline Ballée, chargée de communication web, association SPARADRAP
  • Dominique Ferréol, retraitée de la HAS, chef de projet et chargée d’études AP-HP, bénévole à SPARADRAP
  • Françoise Galland, directrice de l'association SPARADRAP

Relecteurs création 2014 : Dr Jacky Dekens, anesthésiste-réanimateur au CHU d’Amiens ; M. Fabien Voix, président de l’AFPPE (Association Française du Personnel Paramédical d’Electroradiologie) ; Mme Cathy Thibaut, Rédactrice en chef de la revue professionnelle AFPPE "Le Manipulateur d'imagerie médicale et de radiothérapie" ; Mme Cécile Etard, responsable de l’Unité d'Expertise en radioprotection Médicale de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire)

Illustrations : photos SPARADRAP prises à l’hôpital pédiatrique Robert Debré à Paris + photos libres de droit wikipédia

Mise à jour 2020 : Caroline Ballée et Sandrine Herrenschmidt, association SPARADRAP


Avis
Vous souhaitez réagir sur ces textes ? N’hésitez pas à nous contacter via le formulaire de contact !

Dossier créé en octobre 2014 - Mis à jour en mars 2020

 

Cet article  vous a aidé ? Aidez-nous à continuer !

Liens utiles

Sites extérieurs :

Bibliographie

Pour aller plus loin...

Guide du bon usage des examens d’imagerie
SFR (Société Française de Radiologie)
Utiliser ce guide permet de connaître, à partir du nom d’une pathologie, si un examen d’imagerie est recommandé ou non et quel est son niveau d’irradiation. Le grade de recommandation des examens est exprimé par les lettres* (A, B, C ou AE). Le niveau d’exposition aux radiations est indiqué par des chiffres romains : 0 (rien), I, II, III ou IV.
* ce classement s'appuie sur l'analyse des publications internationales selon une gradation scientifique.

La communication sur les risques liés aux radiations en imagerie pédiatrique
OMS (Organisation Mondiale de la Santé), 2016.
Informations pour étayer le débat sur les bénéfices et les risques dans le cadre des soins de santé

 

Mise à jour : février 2020